
Au Parti authenticité et modernité, on aime les suspensions propres, discrètes et (si possible) présentées comme volontaires.. Après plus d’un an de mise « au congélateur » de Salah Eddine Abou El Ghali, pour cause de querelle interne avec Abderrahim Bendaou, voilà que les rôles s’inversent : c’est désormais Bendaou lui-même qui se retrouve… au frais.
RABAT – Al Ousboue
Officiellement, le député a annoncé de sa propre initiative la suspension de son adhésion au parti. Une décision personnelle, mûrement réfléchie, presque élégante. Officieusement, plusieurs sources murmurent que la direction du PAM lui aurait gentiment suggéré cette « sortie propre », surtout après que la justice s’est invitée à la table du parti.
Car entre-temps, le juge d’instruction près la Cour d’appel de Casablanca a décidé de fermer les frontières à Bendaou et de confisquer son passeport. Un détail administratif, sans doute, mais qui complique légèrement la communication politique autour d’un simple « gel volontaire ».
L’affaire judiciaire concerne une entreprise appartenant au député, spécialisée dans la production de lait et de fromages, un secteur où la fraîcheur est essentielle.. surtout quand les produits sont soupçonnés de ne pas respecter les normes de sécurité sanitaire. L’enquête ne s’arrête pas là : un responsable de l’entreprise a lui aussi été auditionné, histoire de compléter le plateau.
Face à cette situation, Bendaou a choisi la retenue. Pas de commentaire, par respect pour la justice, dit-il, et en attendant la fin des procédures légales. Une posture classique, sobre, recommandée en pareil cas, surtout quand le dossier est encore chaud..
Au PAM, on assure que tout se passe dans les règles, avec calme et sens des responsabilités. Les adhésions se gèlent, les communiqués se publient, et chacun sort, au moins officiellement, la tête haute. Une chose est sûre : entre Abou El Ghali hier et Bendaou aujourd’hui, le parti continue de prouver qu’il maîtrise l’art délicat de la suspension, sans éclaboussures. Ou presque..



