RÉGIONS QUI RÂLENT

Melilla | « Vox » accusé d’attiser la haine contre les marocains

Quand l’extrême droite joue avec les allumettes

À Melilla, les murs parlent, et ce qu’ils disent ne sent pas la convivialité. Entre tags racistes, rumeurs de projets imposés et discours incendiaires, la ville tangue sous les provocations. Pendant que le parti espagnol « Vox » souffle sur les braises, la communauté musulmane tente de préserver un vivre-ensemble déjà bien fragilisé.

Melilla – Al Ousboue

À Melilla, les tensions ne se contentent plus de couver : elles s’affichent en toutes lettres sur les murs de la mosquée El Habous. « Ici, c’est l’Espagne. Sortez, Marocains. » Voilà le genre de poésie urbaine qui ne figure pas dans les guides touristiques..

Ce nouvel acte de vandalisme survient dans un climat déjà saturé de rumeurs et de crispations. Des médias espagnols ont évoqué un projet marocain de centre islamique à huit millions d’euros, censé réhabiliter le bâtiment. Une annonce qui a fait bondir la communauté musulmane locale, laquelle rappelle qu’on ne plante pas un lieu de culte comme on plante un drapeau : sans concertation, ça finit toujours par déraciner.

Mais au-delà des murs tagués et des projets flous, c’est surtout le discours politique qui inquiète. Le parti Vox, jamais avare en déclarations musclées, semble avoir trouvé dans Melilla un terrain de jeu idéal pour tester ses slogans. Résultat : une montée en flèche des tensions, une stigmatisation rampante, et une atmosphère qui ferait passer les débats parlementaires pour des séances de yoga.

Les musulmans, majoritaires dans la ville, se retrouvent pris entre les rumeurs de projets imposés et les attaques verbales déguisées en patriotisme. Et pendant que certains élus jouent les pyromanes rhétoriques, les habitants, eux, tentent de préserver ce qu’il reste de cohésion sociale.

Des voix locales s’élèvent, alertant sur les risques d’un glissement dangereux. Car à force de jouer avec les nerfs et les identités, on finit par compromettre le fragile équilibre du vivre-ensemble (…). Et dans une ville aussi sensible que Melilla, les conséquences pourraient dépasser le cadre des murs tagués pour s’inscrire dans celui d’une crise bien réelle.

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