Au Parlement, Ahmed Touizi, chef du groupe PAM, a voulu frapper fort. Résultat : il a surtout frappé à côté. En accusant certaines entreprises de “moudre du papier et de le vendre comme farine subventionnée”, il a déclenché une tempête. Pris au pied de la lettre, ses propos ont fait bondir l’opinion publique, qui a cru à une fraude alimentaire de grande ampleur.
RABAT – Al Ousboue
Face à l’indignation, Touizi a rectifié : ce n’était qu’une image, une métaphore pour dénoncer les manipulations de factures et de dossiers liés aux subventions. Mais voilà, quand on joue avec le langage populaire, on risque de semer plus de confusion que de clarté. Résultat : explications, démentis, et un parfum de populisme qui colle à la peau.
Sauf que derrière la formule maladroite, le fond est explosif : la gestion opaque de milliards de dirhams de subventions publiques. La justice a d’ailleurs décidé d’ouvrir une enquête, transformant la métaphore en affaire judiciaire bien réelle.
Bref, Touizi voulait dénoncer des fraudes, il a surtout inventé une nouvelle recette : du papier moulu, servi en pleine séance parlementaire. Mais à force de confondre punchline et précision, il risque de se retrouver lui-même broyé par la machine politique.



