
À Khénifra, la propreté a changé de mains… mais pas de camions. Le conseil communal a confié le service à une société toute neuve, fraîchement sortie de l’œuf, et dont l’expérience dans le secteur se résume pour l’instant à… son extrait du registre du commerce. Six mois de contrat pour commencer, histoire de tester la solidité du concept : faire du neuf avec du vieux.
Khenifra – Al Ousboue
Car dans les rues, les habitants ont vite reconnu les véhicules. Normal : ce sont exactement les mêmes que ceux d’Ozone, l’ancienne société, simplement repeints. Une opération cosmétique qui rappelle ces émissions où l’on relooke un salon en changeant les housses de coussin. Sauf qu’ici, c’est la propreté d’une ville entière qui dépend du coup de pinceau.
Les habitants, eux, ne sont pas dupes. Ils voient bien que la nouvelle société débute dans le métier comme un stagiaire du premier jour, mais avec un marché public en prime. Résultat : prestations faibles, matériel recyclé, gouvernance en mode « Inchaallah ». Le tout dans un secteur où la loi exige pourtant des capacités techniques, des garanties solides et des équipements adaptés. Des détails, sans doute.
Le choix du conseil communal soulève donc une avalanche de questions : quels critères ont été utilisés ? Pourquoi une société sans expérience ? Et surtout : comment confier un service aussi sensible à un prestataire qui semble découvrir le métier en même temps que les habitants découvrent les poubelles qui débordent ?
À Khénifra, la propreté est devenue un feuilleton municipal. Avec un casting inattendu, un décor repeint, et un scénario qui, pour l’instant, manque cruellement de suspense : on sait déjà que les citoyens ne sont pas convaincus.



