EN OFF MAIS CAPTÉ

En off | Le discours religieux restera en mode centralisé

Les imams doivent-ils réciter ou réfléchir ?

Même le ciel a désormais un script.. Le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq, tient à ce que les prêches du vendredi restent standardisés. Et gare à ceux qui s’y opposent : ils sont désormais qualifiés de “criminels”. Une déclaration qui a fait l’effet d’un prêche… sans appel.

RABAT – Al Ousboue

Officiellement, il ne s’agit pas d’une imposition, mais d’une “rationalisation de la transmission”. En clair : un plan pour que tous les imams disent la même chose, au même moment, dans toutes les mosquées. Une sorte de bulletin météo spirituel, rédigé par le Conseil supérieur des oulémas, et diffusé sans nuages… sauf chez les imams.

Car nombreux sont ceux qui dénoncent une uniformisation bureaucratique du discours religieux. Fini les prêches adaptés aux réalités locales, place aux sermons en kit. Pour certains érudits, cette réforme transforme les mosquées en salles de lecture, et les imams en haut-parleurs institutionnels.

Le ministre, lui, défend bec et ongles le Conseil scientifique suprême, affirmant que contester les prêches revient à contester les savants eux-mêmes. Une logique imparable : si tu n’es pas d’accord, c’est que tu es dangereux.

Bref, le prêche devient un exercice de conformité. Et si l’unité du discours est louable, elle ne doit pas se faire au prix de la pluralité des voix. Car à trop vouloir tout standardiser, on risque de faire valider la conscience collective par circulaire ministérielle..

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