Le gouvernement marocain a trouvé la parade contre les critiques électorales : les criminaliser. Avec le projet de loi organique 53.25, toute remise en question de la transparence des élections pourrait désormais valoir… entre deux et cinq ans de prison. Autrement dit, contester un scrutin pourrait coûter plus cher que truquer une facture.
RABAT – Al Ousboue
Le texte prévoit aussi des amendes salées pour ceux qui diffusent des “rumeurs” ou des “fausses informations” sur les élections. Et comme la frontière entre opinion critique et désinformation est aussi floue qu’un dépouillement sans observateurs, les juristes s’arrachent déjà les cheveux.
Mustapha Ramid, ancien ministre de la Justice, a tenté de calmer le jeu : selon lui, le texte ne punit pas les opinions, mais les mensonges délibérés. Sauf que dans un pays où des irrégularités ont déjà conduit à l’annulation de sièges par la Cour constitutionnelle, la question devient explosive : qui décide de ce qui est vrai, et surtout… qui peut encore parler ?
Au Maroc, la démocratie veut se protéger. Mais à force de vouloir museler les doutes, elle risque de bâillonner le débat. Et si la meilleure preuve de transparence, c’était justement d’accepter la critique ?



