RÉGIONS QUI RÂLENT

Al Hoceïma | L’école publique prise en otage par les luttes d’influence

Les syndicats défendent-ils les enseignants ou leurs intérêts ?

À Al Hoceïma, la rentrée scolaire a eu droit à son feuilleton : l’éviction surprise du directeur régional de l’Éducation. Officiellement, une décision administrative. Officieusement, un coup de pression syndicale. Résultat : un système éducatif qui vacille entre pédagogie et politique, et des enseignants qui se demandent si leurs classes ne sont pas devenues annexes des bureaux syndicaux.

Al Hoceïma – Ibtissam Hilali

Les versions divergent : certains parlent d’un départ volontaire sous la contrainte, d’autres d’une intervention directe des syndicats auprès de Rabat. Dans tous les cas, le scénario ressemble plus à une série de règlements de comptes qu’à une gestion sereine.

La tension a explosé avec une phrase choc d’un syndicaliste : « Quiconque défie nos décisions sera foudroyé ». Une menace à peine voilée qui a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans le secteur. Pour beaucoup, cette déclaration illustre un rapport de force déséquilibré : syndicats en mode foudre, administration en mode paratonnerre.

Le débat est relancé : jusqu’où peut aller le pouvoir syndical ? Défense des droits ou dérive autoritaire ? Garant du service public ou acteur partisan ? Entre revendication légitime et pression institutionnelle, la frontière devient floue… et dangereuse.

À Al Hoceïma, l’éducation n’est plus seulement une affaire de manuels et de tableaux noirs. C’est devenu un terrain de lutte où les syndicats dictent la leçon et l’administration révise ses copies sous la menace. La gouvernance éducative, elle, semble avoir été renvoyée… au rang de simple élève.

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