EN OFF MAIS CAPTÉ

La loi sur l’enseignement adoptée par une Chambre presque vide

Faut-il 45 élus pour décider de l’avenir scolaire du pays ?

On savait que l’école souffrait de classes surchargées. On découvre désormais que le Parlement, lui, souffre de bancs vides, et surtout quand il s’agit d’éducation. Le projet de loi relatif à l’enseignement scolaire a été adopté dans une ambiance studieuse.. à condition de considérer qu’un hémicycle désert constitue un cadre propice au débat démocratique.

RABAT – Al Ousboue

Sur les 395 députés que compte la Chambre des représentants, plus de 330 ont brillé par leur absence lors du vote final, après le retour du texte de la Chambre des conseillers. Résultat des courses : 45 députés ont voté pour, 20 contre, et le reste de la représentation nationale a visiblement jugé que l’avenir de l’école pouvait bien se décider sans elle.

Il faut dire que la séance n’était pas totalement vide : le ministre de l’Éducation nationale, Saad Berrada, était bien présent pour détailler les 76 amendements apportés au texte. Un exposé consciencieux, livré devant un auditoire clairsemé, dans une atmosphère rappelant davantage une réunion de rattrapage qu’un moment clé de la vie parlementaire.

Cette absence massive n’a pas manqué de faire grincer quelques dents ; chez les observateurs encore attachés à l’idée que l’éducation mérite un minimum d’attention politique. Car il ne s’agissait ni d’un texte technique obscur ni d’une loi secondaire, mais bien d’un projet engageant l’avenir scolaire de millions d’élèves et de familles.

À travers ce vote « fantôme », c’est surtout le faible engagement parlementaire sur les grandes questions sociales qui saute aux yeux. Éducation, emploi, santé, famille : autant de dossiers majeurs qui peinent à remplir l’hémicycle, pendant que d’autres sujets, jugés plus urgents ou plus rentables politiquement, mobilisent soudainement des majorités enthousiastes.

En définitive, la loi sur l’enseignement aura été adoptée… mais sans les représentants du peuple. Une performance institutionnelle qui interroge : faut-il encore 395 députés pour voter les lois, ou 45 suffisent-ils désormais ? À ce rythme, l’école risque de continuer à manquer de moyens, mais le Parlement, lui, ne manque visiblement pas d’absences.

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