
Chaque Ramadan, les fidèles marocains d’Europe attendent leurs imams… et les jeunes hafiz marocains attendent, eux, une réponse qui ne vient jamais. Beaucoup racontent la même histoire : leurs candidatures disparaissent plus vite qu’un “ameen” dans un micro défectueux, tandis que les heureux élus – toujours les mêmes – refont leurs valises pour un nouveau séjour spirituel et lucratif..
RABAT – Al Ousboue
Selon plusieurs sources, le programme d’envoi des imams ressemble moins à une sélection qu’à un club très fermé, où les mêmes noms reviennent chaque année, comme si le ministère des Habous avait confondu “mission religieuse” et “programme de fidélité”. Les imams privilégiés, eux, ne s’en plaignent pas : entre gratifications, dons et cadeaux du Golfe, le mois sacré devient aussi un mois… très rentable.
Le processus de sélection, lui, se déroule dans une opacité digne d’un vitrail non nettoyé. Les listes circulent, se modifient, disparaissent, réapparaissent.. sauf pour les candidats motivés, qui eux, ne voient jamais leur nom apparaître nulle part. Résultat : des hafiz talentueux, compétents, parfois brillants, restent au pays pendant que d’autres accumulent les miles et les missions.
Cette situation met le ministère des Habous et les conseils scientifiques locaux sous les projecteurs : qui choisit ? comment ? pourquoi toujours les mêmes ? Les critiques se multiplient, et certains réclament désormais une plateforme numérique transparente, où les candidats pourraient s’inscrire et être évalués sur leurs compétences plutôt que sur leurs connexions.
En attendant, le favoritisme continue de voyager.. plus facilement que les imams en tous cas..



