RÉGIONS QUI RÂLENT

À Nador, l’urbanisme a perdu sa boussole

Les permis de construire sont-ils délivrés ? ou distribués ?

À Nador, l’urbanisme ne connaît plus de limites… ni de lois. La ville est en pleine mutation, pas celle des plans d’aménagement, mais celle des passe-droits. Des permis de construire tombent comme la pluie, sauf qu’ici, ils ne suivent ni les saisons ni les règlements.

Al Ousboue – Zoujal Belkacem

Dans certains quartiers, on empile les étages comme des crêpes, on dépasse les alignements comme si les trottoirs étaient extensibles, et on redéfinit les limites autorisées à coups de béton. Résultat : un paysage urbain digne d’un Tetris sous acide, où l’harmonie architecturale est reléguée au rang de souvenir folklorique.

Mais attention, tout cela n’est pas pour tout le monde. Les permis hors-la-loi semblent réservés à une élite bien connectée, pendant que les autres citoyens contemplent le chaos depuis leurs balcons fissurés. À Nador, l’égalité devant l’urbanisme est aussi crédible qu’un rond-point carré.

Les autorités locales jurent qu’elles tentent de contenir la dérive. Traduction : elles observent, elles commentent, mais les « poches de résistance » continuent de construire en diagonale. On parle de « critères non conformes » qui influencent les décisions. En clair : le mètre carré se négocie mieux quand on connaît le bon prénom.

Des voix s’élèvent pour réclamer une gouvernance ferme, une justice spatiale, et le respect des lois. Mais pour l’instant, le seul plan d’aménagement visible, c’est celui des intérêts particuliers.

Pour résumer: à Nador, on ne bâtit pas une ville, on la défigure avec méthode. Et pendant que les citoyens rêvent d’une cité ordonnée, les bétonneurs hors-la-loi dessinent leur propre carte postale… en relief.

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