RABAT – Al Ousboue
Au Maroc, l’école publique est officiellement « modernisée ». On inaugure des « écoles de la relève », on repeint des manuels, on francise les matières scientifiques comme si changer de langue suffisait à changer de destin. Résultat ? Des classes qui se vident plus vite qu’elles ne se remplissent.
Près de 280 000 élèves ont quitté l’école en 2024. En 2023, ils étaient 300 000. En 2022, 334 000. Mais rassurez-vous : le ministère parle d’une « baisse de 12 % ». Quand on perd un quart de million d’élèves par an, il paraît que c’est une victoire. À ce rythme, bientôt il n’y aura plus de décrochage… faute d’élèves à décrocher.
La francisation des matières scientifiques ? Présentée comme une ouverture sur le monde, elle ressemble surtout à une fermeture éclair sur les résultats. Enseignées en arabe, les sciences étaient accessibles. En français, elles deviennent un obstacle. Mais au moins, les élèves décrochent dans une langue étrangère : c’est ce qu’on appelle l’internationalisation de l’échec.
Conclusion sarcastique : l’école publique est devenue une gare de triage. Les uns montent dans le train de l’avenir, les autres descendent à la station « abandon scolaire ». Et pendant que les ministres coupent des rubans, les élèves coupent les cours.



