À Martil, station balnéaire où les parasols poussent plus vite que les rosiers, les espaces verts ont été officiellement confiés… à l’abandon. Mais miracle horticole : ce ne sont pas les services municipaux qui ont sorti les râteaux, ce sont les jeunes. Oui, ceux qu’on accuse souvent de ne rien faire, sauf quand il faut réparer les dégâts de ceux censés faire quelque chose.
Al Ousboue – Zouhair El Bohati
Face à une commune en mode avion — malgré le soutien théorique de la préfecture de M’diq-Fnideq — un groupe de volontaires a décidé de prendre les choses en main. Matériel modeste, motivation maximale : nettoyage, peinture, et résurrection de jardins que même les pigeons avaient désertés. Mention spéciale pour la place Al-Houria, rebaptisée pour l’occasion “Place Al-Houria… mais sans budget”.
Pendant que Martil accueille des milliers de touristes venus admirer la mer et éviter les parcs, les jeunes repeignent les murs, ramassent les déchets, et rappellent à la mairie que l’entretien urbain ne se fait pas par télépathie. Leur message est clair : pas besoin de décret pour aimer sa ville, juste un peu de sueur et beaucoup de ras-le-bol.
En redonnant vie à ces espaces délaissés, ils prouvent que la citoyenneté active peut remplacer l’inaction institutionnelle. Et que parfois, le meilleur service public, c’est celui qu’on improvise entre deux pots de peinture et trois sacs-poubelle.
À Martil, les jeunes jardinent, la commune contemple, et les touristes prennent des selfies devant des buissons ressuscités. La démocratie locale, elle, pousse lentement… mais sans arrosage.



