
À Taounate, on ne manifeste plus pour des droits, on manifeste pour des soins. Et quand le seul remède proposé est un aller simple pour Fès, le diagnostic est clair : la santé publique locale est en coma profond. “Chkon ydaoui nass ? Sir l’Fès !” crient les habitants, entre deux absences de médecins et trois promesses non tenues.
Taounate – Al Ousboue
Au centre du malaise : Saleh Daha, gouverneur en poste, accusé de n’avoir rien fait… sauf couper le ruban d’une clinique privée. Une inauguration qui passe mal, très mal. Résultat : “Ma dar walou… l’3amel yemchi b7alou !” devient le nouveau tube de la rue taounatie. Quand le public souffre, le privé parade.
Mais la colère ne s’arrête pas aux portes de la ville. Plusieurs communes de la province ont rejoint le mouvement, dénonçant la précarité des services essentiels, l’absence de développement, et une gestion locale qui ressemble de plus en plus à une déconnexion prolongée.
Et pendant que les citoyens crient, les autorités, elles, murmurent… ou se taisent. À Taounate, le silence officiel est devenu le plus bruyant des aveux. Le gouverneur reste, les services s’effondrent, et la dignité, elle, fait ses valises.



