
À Fès, la justice vient de classer sans suite une plainte pour conflit d’intérêts contre le président de la Chambre régionale de l’artisanat. Accusé d’avoir mélangé les rôles — entrepreneur le matin, élu l’après-midi — il aurait profité d’un partenariat public-privé de 10 millions de dirhams pour faire tourner les fours… de sa propre société.
FES – Al Ousboue
Le plaignant, président de la coopérative “Terab Bladi”, espérait voir s’ouvrir une enquête. Il a surtout vu s’ouvrir la porte du non-lieu. Selon le parquet, les éléments présentés ne suffisent pas à engager des poursuites. Traduction : pas de preuves nouvelles, pas de faits établis, pas de vagues. Juste de l’argile bien lissée.
Le projet concernait une station de traitement de l’argile dans la zone des artisans spécialisés en poterie et zellige. Mais visiblement, le traitement le plus efficace reste celui des plaintes : rapide, discret, et sans éclaboussures.
Ce classement relance le débat sur la transparence dans les chambres professionnelles. Car quand les fonctions électives deviennent des raccourcis vers les marchés publics, l’artisanat se transforme en art de la navigation institutionnelle. Et pendant que certains tournent la terre, d’autres tournent les règles.



