
À Marrakech, le ballon rond n’a pas fini de rebondir, dans les couloirs du pouvoir en tous cas (…). La nomination de Fatima-Zahra Mansouri, ministre et maire de la ville, comme présidente d’honneur du Kawkab de Marrakech, a fait l’effet d’un coup franc tiré en plein en pré Match-électoral.
MARRAKECH – Al Ousboue
Jusqu’ici, Mansouri n’avait jamais mis un crampon dans la gestion du club, ni même un tweet de soutien pendant ses années de galère en division inférieure. Mais voilà qu’à l’approche des échéances électorales, elle surgit dans la surface, sans prévenir, pour endosser le brassard d’honneur. Coïncidence ? Timing bien senti ? Ou simple envie de jouer les prolongations politiques sur terrain sportif ?
La FIFA, qui préfère que les clubs ne soient pas gérés comme des annexes de mairie, risque de lever le carton jaune. Car selon ses règles, le football doit rester indépendant. Mais chez nous (…), on préfère les passes décisives entre partis et présidences honorifiques.
Certains observateurs, pas dupes, y voient une tentative de marquer des points auprès des supporters, transformés en électeurs potentiels. Le Kawkab, club populaire mais malmené, devient soudain un levier de sympathie, un outil de com’ à crampons, une tribune électorale déguisée en vestiaire.
Et pendant que les fans espèrent une remontée sportive, d’autres redoutent une descente démocratique : gouvernance floue, transparence en berne, et crédibilité des instances sportives qui fond comme un maillot synthétique au soleil de Jamâa El Fna..
Bref, à Marrakech, le football ne se joue plus seulement sur le terrain. Il se joue dans les salons ministériels, les réunions de parti, et les communiqués bien ficelés. Le Kawkab voulait des buts, il a eu une nomination. Reste à savoir si le club va monter en classement… ou juste en affiches électorales.



