POLITIQUE & CUISINAGES

Le Parti de Lachguar accuse Lekjaa de transformer l’argent public en outil partisan

L’argent public peut-il rester neutre en période de pré-élections ?

À l’USFP, on commence à trouver que le budget de l’État ressemble de plus en plus à un tract électoral imprimé sur papier officiel. Le parti de la rose accuse Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget, d’avoir confondu lignes budgétaires et lignes partisanes, au point de faire du budget 2025 un outil politique plutôt qu’un instrument de justice territoriale.

RABAT – Al Ousboue

Abderrahim Chahid, président du groupe socialiste à la Chambre des représentants, n’y est pas allé avec le dos de la cuillère, pourtant bien financée. Selon lui, Lekjaa gérerait les finances publiques avec un sens très personnel de la neutralité, orientant projets et ressources au profit de certains courants politiques, pendant que d’autres regardent passer le train… sans billet.

Le scénario est désormais bien rodé : visites ministérielles sur terrain, députés d’un même parti en cortège, projets publics généreusement financés par l’État, puis présentés comme des trophées partisans. Le tout avec un parfum de campagne électorale anticipée, alors même que les urnes sont encore officiellement au repos. Pour Chahid, la chose est claire : l’argent public n’est pas un outil de marketing politique, ni un fonds de pré-campagne déguisé.

Le président du groupe socialiste rappelle, au cas où certains l’auraient oublié, que le budget est censé garantir l’égalité des chances, la justice territoriale et le pluralisme politique, et pas servir de levier pour redessiner la carte électorale avant l’heure. Une évidence constitutionnelle… manifestement devenue optionnelle.

Dans son communiqué, l’USFP élargit l’accusation et vise le gouvernement dans son ensemble, l’accusant d’exploiter les réalisations de l’État comme vitrines électorales prématurées. Une pratique jugée contraire au principe d’égalité et assimilée à une forme de domination institutionnelle, ancienne recette remise au goût du jour.

Face à ce qu’il considère comme une dérive budgétaire à visée électorale, le parti appelle Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur et arbitre officiel des législatives de 2026, à sortir le sifflet. Intervention urgente demandée, sanctions dissuasives espérées, et inscription du sujet à l’ordre du jour du Conseil de gouvernement ; réclamée avant que le budget ne se mette définitivement à battre la campagne.

En résumé : pour l’USFP, quand le budget commence à choisir ses électeurs, la démocratie, elle, risque de finir sur la liste d’attente.

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