Il aura fallu un reportage noir sur blanc dans nos colonnes pour que l’administration daigne réagir, ou du moins réveiller un ministère..
Ouarzazate – Al Ousboue
Trois mois après qu’Al Ousboue a tiré la sonnette d’alarme sur “la ville qui se meurt en silence”, le ministère du Tourisme sort enfin son chéquier : 820 millions de dirhams pour ressusciter la “porte du désert”. Sur papier, le plan a tout d’un blockbuster : 1 800 lits supplémentaires, des animations pour retenir les visiteurs, et des avions censés atterrir plus souvent qu’ils ne s’annulent..
Mais derrière l’affiche, le scénario reste fragile. Ouarzazate a déjà connu des promesses de renaissance qui se sont terminées en générique de fin avant même le tournage. La ville, jadis star du cinéma mondial, risque de rester cantonnée au rôle de figurante dans les grandes stratégies touristiques.
Le plan est présenté comme une réponse directe aux critiques. Traduction : on a entendu le vacarme médiatique, alors on a sorti la caisse. Reste à savoir si cette injection sera un traitement de fond… ou juste une perfusion budgétaire pour calmer la presse.
En attendant, les habitants continuent de regarder passer les projets comme on regarde passer les caravanes : avec patience, scepticisme et un brin d’ironie.



