
À Rabat, le Conseil communal a adopté son budget annuel. Enfin, “adopté” est un grand mot : il s’agit plutôt d’un recyclage de vieilles pratiques, un copier-coller des dépenses d’il y a 20 ans. Les élus ont donc réussi l’exploit de transformer l’outil de planification prévu par l’article 152 du Code communal en un simple carnet de chèques pour fonctionnaires et avantages d’élus.
Al Ousboue – Bouchaib El Idrissi
De nouveaux projets structurants pour les habitants ? Absents. Des ambitions sociales ou économiques ? Portées disparues. En revanche, les lignes budgétaires pour le confort administratif, elles, se portent très bien. On ne touche pas aux privilèges, mais on oublie les citoyens.
Le contraste est saisissant : Rabat brille grâce aux grands projets royaux: stades, musées, urbanisme moderne… mais son budget communal reste bloqué dans les années 90. Comme si la capitale vivait dans deux mondes parallèles : celui des chantiers d’avenir et celui des comptes poussiéreux.
Les citoyens, eux, n’ont même pas voix au chapitre. Ils ignorent les dates des réunions, ne voient aucun projet qui les concerne, et finissent par se désintéresser totalement. Résultat : une capitale avec un budget sans souffle et sans vision.
Bref, à Rabat, le budget communal ressemble à une vieille cassette qu’on rembobine chaque année. On change la date, on garde les mêmes chiffres, et on espère que personne ne remarque que la ville risque de tourner en rond.



