La session d’octobre du conseil communal de Nador a viré au théâtre politique. Dans une ambiance électrique, le président Souleimane Azouagh s’est écharpé avec Abdelhakim Chemlal, conseiller de l’opposition (PSU), qui l’a interpellé sur la gestion du budget et l’utilisation des fonds publics. Réponse du président : tout cela ne serait qu’une “polémique politique”.
Al Ousboue – Zoujal BELKACEM
Mais le clou du spectacle fut son inventaire de “réalisations” : remplacement des lampadaires par des LED, baisse des factures d’électricité, régularisation administrative des fonctionnaires, paiement des dettes et exécution des jugements. Bref, le strict minimum légal d’un exécutif communal, présenté comme des trophées. Comme si un boulanger se vantait d’avoir cuit du pain.
Cette confusion entre devoir et exploit illustre une dérive plus large : transformer des obligations de base en victoires politiques, histoire de détourner l’attention des vraies zones d’ombre, notamment la gestion financière. Pas d’autocritique, pas de remise en question : juste un vernis de réalisations pour masquer les fissures.
Pour faire court, à Nador, on ne gouverne pas, on s’auto‑félicite. Mais les citoyens, eux, attendent autre chose que des lampadaires LED brandis comme des médailles.



