Coup de scalpel à l’Instance nationale de probité : Mohamed Benalilou a stoppé net une étude censée dresser la “cartographie des risques de corruption dans la santé”. Motif ? Le bureau choisi, Forvis Mazars, avait déjà un contrat juteux avec Akdital, mastodonte privé du secteur. Autrement dit : on confiait à l’ami du chirurgien la mission de diagnostiquer l’hôpital.
RABAT – Al Ousboue
Face au tollé, Benalilou a sorti le kit d’urgence : enquête interne, transmission du dossier à la Commission des marchés publics, et rappel solennel des grands principes — transparence, égalité, concurrence loyale. Bref, la panoplie complète du pompier institutionnel.
Mais la vraie question reste entière : comment un marché aussi sensible a-t-il pu être attribué à un cabinet déjà branché sur le secteur privé ? À ce rythme, on finira par demander à Big Pharma de rédiger le code de déontologie médicale.
En stoppant la procédure, l’Instance sauve la façade, mais l’épisode révèle surtout la porosité des cloisons entre expertise et connivence. Dans le système de santé, on soigne les patients… mais on bichonne aussi les conflits d’intérêts.



