ECONOMIE & MONOPOLY

Carburants | Les pompes continuent de pomper les ménages

À quoi sert la concurrence quand les prix montent ensemble.. ?

Au Maroc, faire le plein est devenu un sport de luxe. El Hussein Yamani, patron du Syndicat national du pétrole et du gaz, dénonce un “scandale” : la libéralisation des prix des carburants, censée libérer le marché, a surtout libéré les profits. Résultat : les distributeurs roulent en première classe, pendant que les citoyens pédalent en seconde.

RABAT – Al Ousboue

Selon ses calculs, le gazole devrait coûter 9,1 dirhams et l’essence 9,9. Mais à la pompe, c’est 10,7 et 12,7. La différence ? Une marge bénéficiaire qui a pris du poids : 1,6 dirham par litre de gazole et 2,8 pour l’essence, contre quelques centimes avant la réforme. Avec 8 milliards de litres consommés par an, les distributeurs encaissent plus de 9 milliards de dirhams de “surprofits” annuels. Sur dix ans, c’est un jackpot de 90 milliards.

La réforme, lancée sous Benkirane, devait réorienter les budgets vers la santé et l’éducation. Mais au lieu d’hôpitaux et d’écoles, ce sont surtout les comptes bancaires des grands groupes qui ont été réorientés. Les lobbies, eux, carburent à plein régime, protégés par un arsenal de lois sur mesure.

Pendant ce temps, les ménages voient leur pouvoir d’achat s’évaporer à chaque passage à la pompe. Le syndicaliste appelle à réduire la fiscalité, à revenir sur la libéralisation et à rendre la raffinerie Samir à l’État. En attendant, les Marocains continuent de payer le prix fort : celui d’une réforme qui roule pour les distributeurs, pas pour les citoyens.

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