
À Essaouira, la Hiloula annuelle n’a pas seulement invoqué les saints, elle a aussi réveillé les démons de la diplomatie parallèle. Ali Bouabid, fils d’Abderrahim Bouabid et héritier d’une lignée socialiste qui savait manier la parole comme le scalpel, dégaine : ce qui devait être un rituel religieux s’est transformé en meeting discret en faveur de la politique israélienne et son armée.
Pendant que des rabbins internationaux parlaient justice et compassion, certains rabbins marocains, eux, ont préféré prier pour Tsahal et ses prisonniers. Pas un mot sur Gaza, pas une syllabe sur les colonies. Le sacré devient tribune, la Hiloula glisse vers la géopolitique, et Essaouira se retrouve en mode “plateforme du sionisme dur”, version folklore diplomatique.
Bouabid fustige une minorité qui, selon lui, a piétiné les sensibilités marocaines en transformant la prière en acte de propagande. Derrière les discours sur la coexistence, il voit surtout une instrumentalisation du religieux, bien huilée, bien rodée, et en parfaite résonance avec les courants les plus extrêmes de la société israélienne.
Le clou du spectacle ? La présence de représentants du Conseil scientifique local et du ministère des Habous, venus bénir l’événement comme on bénit un communiqué. Une caution officielle qui fait tousser les principes, et qui transforme une célébration spirituelle en opération de communication sous haute tension.
Essaouira, ville du dialogue Oui, mais désormais version monologue calibré ?



