
Rabat, ville des ambassades, des accords bilatéraux et des grandes messes internationales, se découvre soudain une faiblesse : sa diplomatie populaire est en panne sèche. Sept organisations internationales au compteur, dix-sept capitales partenaires, mais côté terrain, c’est silence radio. Le conseil communal, censé piloter cette mission, préfère visiblement piloter son absence.
Al Ousboue – Bouchaib El Idrissi
Les élus, toutes couleurs confondues, semblent avoir confondu diplomatie parallèle et sieste prolongée. Résultat : au lieu d’accompagner les grandes orientations du Royaume, ils envisagent de sous-traiter la promotion de la capitale à une société commerciale. Rabat, vitrine internationale ? Oui, mais version supermarché, avec étiquettes et codes-barres.
Pendant ce temps, la ville se transforme : hôpital universitaire flambant neuf, faculté de santé « Brand New », infrastructures sportives uniques en Afrique. Mais faute de relais diplomatique, ces réalisations brillent en local et s’éteignent à l’international. Le contraste est saisissant : ambitions royales d’un côté, inertie communale de l’autre.
Le législateur, lassé de ce spectacle, a retiré aux conseils communaux la compétence en matière de diplomatie populaire, confiée désormais au wali. Et bientôt, une révision du code communal pourrait définitivement décharger les élus de cette mission. Traduction : merci d’avoir essayé, mais on va confier ça à des adultes.
Rabat rêve de devenir une “cité-monde”. Pour l’instant, elle ressemble surtout à une capitale qui a oublié que la diplomatie, ce n’est pas qu’un décor de drapeaux, mais également un souffle populaire..



