
RABAT – Al Ousboue
À l’approche des élections de 2026, les partis marocains se ruent au ministère de l’Intérieur avec leurs mémorandums fraîchement repassés. Objectif affiché : “moraliser la vie politique”, “lutter contre la corruption électorale” et “garantir la transparence”. Autrement dit, repeindre la façade sans toucher aux fondations.
Mais derrière les slogans détox, le casting reste inchangé : élus poursuivis, condamnés, recyclés, et parfois même exportables en série noire. Détournement de fonds, trafic d’influence, falsification, traite d’êtres humains… le menu judiciaire est plus garni que les programmes électoraux.
Un rapport relayé par Jeune Afrique cite une trentaine de parlementaires impliqués dans des affaires. Parmi eux : Mohamed Boudrika (condamné à cinq ans), Mohamed El Haidaoui (Mondialgate), et Saïd Naciri (alias “Escobar du Sahara”). À ce rythme, certains proposent une “troisième chambre parlementaire” à Aïn Sebaâ, avec matelas fournis et badge d’accès.
L’USFP, par exemple, prône des mesures strictes contre l’achat de voix… tout en alignant des visages familiers du tribunal. Lors de sa neuvième note électorale, l’un des intervenants serait lui-même en train de négocier entre faits établis et éléments occultes. Une conférence de presse façon “do as I say, not as I’m jugé”.
Du côté de la majorité, Aziz Akhannouch a l’air désormais de préférer les plateaux télé aux notes officielles. Résultat : critiques en rafale, notamment du PJD, qui l’accuse de confondre politique publique et intérêts privés, surtout dans le dossier de la dessalement de l’eau. Une affaire où l’on boit la mer… et les bénéfices.
Le PAM, lui, mise sur les quotas féminins pour redorer son image. Objectif annoncé : 132 élues. Mais derrière les chiffres, les ombres de Bioui et Naciri rappellent que la parité ne suffit pas à effacer les casseroles.
Tous les partis réclament des sanctions contre la fraude, le plafonnement des dépenses et l’interdiction d’utiliser les moyens de l’État à des fins partisanes. Des propositions souvent rédigées par des cabinets de conseil, et parfois plus crédibles que ceux qui les lisent.
Comme le disait Mohamed Abed Al-Jabri, la démocratie au Maroc a longtemps été freinée par des “priorités nationales”. Aujourd’hui, ce sont les partis eux-mêmes qui tirent le frein à main, tout en promettant de changer les pneus.
La réforme ne viendra pas par communiqué. Elle commence par le ménage interne. Tant que les formations politiques continueront à protéger leurs corrompus, à recycler leurs condamnés et à instrumentaliser les institutions, le “bateau du Maroc” voyage N°2026 ne décollera pas; Il flottera. Il tanguera, Et il fuira..




Excellent article, merci de ce que vous nous avez offert, enfin une vraie presse !