
À l’approche des législatives 2026, le paysage politique marocain ressemble à une partie de Tetris jouée en mode panique : les blocs tombent, les alliances s’empilent, et les partis tentent de s’emboîter sans trop se contredire. Le roi, dans son discours du Trône, a appelé à une réforme électorale rigoureuse. Traduction : fini les magouilles, à ciel ouvert en tous cas..
Al Ousboue – Jamila HALBI
Pendant que les formations politiques rivalisent de mémorandums sur la moralisation de la vie publique, les citoyens se demandent si les élus poursuivis pour détournement de fonds ont été recrutés par erreur, ou par habitude..
Et voilà qu’un vieux fantôme refait surface : Ilyas El Omari, ex-génie tactique du PAM, revient dans les radars, flanqué de quelques anciens camarades et de figures du monde des affaires. Objectif : créer un nouveau parti, plus moderne, plus lisse, et surtout plus amnésique. Une sorte de PAM 2.0, sans les casseroles mais avec les mêmes recettes.
Ce projet, s’il se concrétise, pourrait rebattre les cartes… ou juste les redistribuer aux mêmes joueurs. Car au royaume des partis, la recomposition ressemble souvent à un remix : on change de slogan, on garde les visages, et on promet que cette fois, c’est différent.
Pendant ce temps, Aziz Akhannouch joue à cache-cache avec sa propre popularité. Affaibli par la flambée des prix et les subventions qui fondent plus vite que les sondages, le chef du gouvernement serait tenté de quitter le terrain avant le coup de sifflet final. Le RNI, lui, cherche une colombe capable de voler sans turbulences… ni casseroles.
À gauche, c’est le bal des retrouvailles : PPS, PSU, FGD tentent de fusionner leurs idéaux et leurs électeurs, pendant que l’USFP attend son rendez-vous avec le ministère de l’Intérieur pour savoir s’il doit encore exister.
Le ministère, justement, consulte à tout-va. Parmi les nouveautés : interdiction de candidature pour les élus poursuivis (ce qui risque de vider quelques bancs), suppression de la liste nationale des jeunes (jugée trop temporaire pour durer), et maintien des listes régionales féminines (parce que la parité, c’est plus stable que les coalitions).
Bref, le Maroc entre dans sa saison électorale avec un casting incertain, un scénario flou, et un public méfiant. La recomposition politique est en marche… reste à savoir si elle accouchera d’un renouveau ou d’un remake avec générique déjà connu.



