
Quand le Haut-Commissariat au Plan sort ses chiffres, c’est tout le Maroc qui se regarde dans le miroir (…) de la consommation.
Verdict : cinq régions font chauffer la carte, pendant que les autres se contentent de regarder le ticket. Une géographie économique toujours à deux vitesses (…), où le pouvoir d’achat se concentre comme un bouchon à l’entrée de Casablanca..
RABAT – Al Ousboue
Au royaume de la consommation, tous les ménages ne sont pas logés à la même enseigne. Selon le Haut-Commissariat au Plan, cinq régions du Maroc concentrent à elles seules près de 74 % des dépenses des ménages. Autrement dit, pendant que certains font les courses, d’autres font les comptes.
En tête du peloton, Casablanca-Settat, qui s’offre 25 % du gâteau national. Suivent Rabat-Salé-Kénitra (14,6 %), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (11,7 %), Fès-Meknès (11,5 %) et Marrakech-Safi (11,3 %). À croire que le reste du pays vit d’air pur et de promesses budgétaires.
Les autres régions, elles, se partagent les miettes : 0,8 % pour Dakhla-Oued Eddahab, 7,2 % pour Souss-Massa… et un grand silence pour les zones où le supermarché le plus proche se trouve à deux heures de piste. Une répartition qui ressemble plus à une carte postale qu’à une politique d’équilibre territorial.
Avec 891,9 milliards de dirhams dépensés en 2023, le Maroc consomme, certes. Mais il consomme surtout là où il y a des centres commerciaux, des salaires, et des routes sans nids-de-poule. Le reste du pays, lui, regarde les vitrines… et les statistiques.
Ce déséquilibre met en lumière une concentration économique qui ferait rougir les manuels de décentralisation. Pouvoir d’achat, infrastructures, dynamique locale : tout semble converger vers les grands pôles urbains, pendant que les autres régions attendent leur tour… ou un miracle budgétaire.



