Le mouvement Dameer, présidé par Salah El Wadie, a décidé de faire ce que le gouvernement oublie trop souvent : lire la Constitution. Dans un communiqué aussi poli que piquant, le mouvement soutient les jeunes protestataires de la GenZ, ces citoyens qui manifestent pacifiquement mais qui, visiblement, n’ont pas encore reçu le mémo sur “comment ne pas déranger les autorités”.
RABAT – Al Ousboue
Dameer rappelle que le droit à l’expression publique n’est pas une option à activer selon l’humeur ministérielle, mais un fondement démocratique. Santé, éducation, justice : les revendications sont claires, les pancartes aussi. Ce qui l’est moins, c’est la réaction gouvernementale, oscillant entre sourdine institutionnelle et matraque pédagogique.
Salah El Wadie, dans son rôle de vigie (…), souligne que les mobilisations citoyennes, même déroutantes, traduisent un besoin urgent de réforme. Mais au lieu d’écouter, le pouvoir préfère compter les manifestants comme on compte les fautes dans une rédaction trop libre.
Dameer condamne les violences policières, mais n’oublie pas les infiltrés qui transforment les cortèges en chaos. Le mouvement appelle à préserver le caractère pacifique des mobilisations, tout en invitant les jeunes à s’organiser dans des cadres transparents. Traduction : soyez structurés, sinon on vous reprochera d’être spontanés.
Le message est clair : il est temps de passer du réflexe répressif à la reconnaissance politique. De la méfiance à la concertation. Et surtout, d’arrêter de traiter la jeunesse comme une variable d’ajustement dans les bilans de fin de mandat.
À défaut d’écouter les cris de la rue, le gouvernement pourrait au moins entendre les murmures de Dameer. Mais encore faut-il que les oreilles institutionnelles soient branchées sur autre chose que la fréquence du déni.



