La scène politique marocaine tremble à l’approche de 2026. L’“État profond”, ce spectre qu’on croyait réservé aux discours d’opposition, refait surface… au sein même de la majorité. Après Benkirane qui dénonçait “deux États au Maroc”, voilà que Mohamed Oujar, figure du RNI, accuse la bureaucratie héritée de Basri de verrouiller les marges de manœuvre des partis.
Al Ousboue – Saad El Hamri
Un rappel historique s’impose : rares sont les gouvernements qui ont osé critiquer frontalement la monarchie ou ses réseaux. L’Istiqlal dans les années 1960 s’y est risqué avant de se rétracter. L’USFP, en 1998, a préféré composer avec Driss Basri plutôt que de défier le système. Benkirane, lui, a franchi la ligne rouge en 2011, avant d’être convoqué au Palais et de voir son étoile politique s’éteindre malgré une victoire électorale.
Aujourd’hui, c’est le RNI d’Aziz Akhannouch qui se retrouve dans la tourmente. Les propos d’Oujar, tenus en décembre 2024 puis répétés récemment, dénoncent la “dakhla” de l’État profond dans la gestion des ministères et l’absence de reddition de comptes des hauts fonctionnaires. Une critique inédite venant du parti au pouvoir, qui met en lumière une contradiction : gouverner tout en dénonçant ceux qui tiennent les rênes invisibles.
Au Maroc, l’État profond n’a jamais besoin de campagne électorale. Il est déjà élu… à vie.



