
À la Fédération de la gauche, on milite pour le renouvellement… surtout chez les autres. Abdessalam El Azziz, secrétaire général de la formation, se retrouve aujourd’hui face à une équation délicate : prêcher la démocratie interne tout en envisageant, très démocratiquement, un second mandat à la tête du parti. Le changement, oui, mais à condition qu’il attende encore un peu.
RABAT – Al Ousboue
La récente démission du président du Rassemblement national des indépendants a eu un effet inattendu : elle a réveillé, au sein de la Fédération de la gauche, un débat jusque-là soigneusement mis sous le tapis idéologique. Faut-il vraiment reconduire El Azziz, ou serait-il temps d’appliquer à soi-même les principes que l’on exige avec ferveur des autres formations politiques ?
Car depuis des années, la Fédération défend la rotation des responsabilités, le renouvellement des élites et la démocratie participative. Des concepts nobles… qui deviennent soudain plus complexes lorsqu’il s’agit du fauteuil du secrétaire général. Certains militants commencent à se demander si la gauche radicale ne souffrirait pas, elle aussi, d’un léger attachement au pouvoir.. version artisanale, bien sûr.
Un courant interne appelle désormais à ouvrir le débat, à rompre avec la logique de l’éternel recommencement et à permettre l’émergence de nouveaux visages pour porter le projet de la gauche lors des prochaines échéances électorales. Une idée audacieuse, presque subversive, dans un parti qui critique la confiscation du pouvoir… mais peine parfois à lâcher le sien.
Reste à savoir si El Azziz acceptera de céder la place au nom des valeurs qu’il défend, ou s’il démontrera, une fois encore, que même à gauche, on peut s’éloigner des idées de la gauche, surtout quand elles menacent le poste..



