
Le ministère de l’Intérieur prépare une circulaire qui risque de faire trembler les notables : les partis devront se débarrasser des figures jugées “suspectes” et refuser l’investiture aux candidats poursuivis en justice, même si leur affaire n’est qu’en première instance. Autrement dit, la présomption d’innocence pourrait bientôt céder la place à la présomption de suspicion.
RABAT – Al Ousboue
Dans le viseur : les grands élus influents, habitués à collectionner les sièges parlementaires et les postes de responsabilité malgré des dossiers judiciaires lourds. La législature actuelle compte déjà plus de 30 députés poursuivis pour gestion douteuse, marchés publics bricolés, irrégularités électorales ou litiges privés.
Le projet de loi 27.11, qui vise à interdire aux élus poursuivis en première instance de se présenter, reste contesté. L’Intérieur redoute que la Cour constitutionnelle le retoque, au motif qu’un jugement de première instance n’a pas la force d’une décision définitive.
Plan B : une recommandation directe aux partis pour qu’ils refusent d’investir les personnalités entourées de soupçons. En clair, l’Intérieur veut que les formations politiques fassent le ménage elles-mêmes, avant que les tribunaux ne s’en chargent.
Bref, la réforme électorale pourrait transformer les investitures en casting moral. Reste à savoir si les partis préfèrent perdre des voix, ou perdre la face..



