POLITIQUE & CUISINAGES

Les sondages électoraux désormais classés “crime d’opinion”

La démocratie peut-elle vivre sans chiffres ?

Au Maroc, poser une question aux électeurs pourrait bientôt valoir plus cher qu’y répondre. Le projet de loi n°55.25, censé « moderniser » le cadre électoral, transforme les sondages en délit et les sondeurs en délinquants.

RABAT – Al Ousboue

Désormais, interroger un échantillon de citoyens entre J‑15 et le jour du scrutin, c’est risquer 6 mois de prison minimum et une amende comprise entre 100 000 et 250 000 dirhams. Et si l’on insiste trop, le plafond grimpe à 500 000 dirhams. Bref, publier un sondage coûtera bientôt plus cher qu’organiser un mariage (…)

Le texte définit le sondage comme toute enquête visant à recueillir des opinions sur le processus électoral, « quel que soit l’outil technique utilisé ». Autrement dit : du questionnaire papier au simple micro-trottoir, tout est passible de sanctions. Même un café du commerce un peu trop bavard pourrait finir classé comme cellule de complot statistique.

Les partisans du projet jurent qu’il s’agit de protéger le scrutin des manipulations. Les détracteurs, eux, rappellent qu’interdire de mesurer l’opinion publique, c’est un peu comme interdire le thermomètre pour lutter contre la fièvre..

Au Maroc, la démocratie se veut transparente… mais sans chiffres, sans sondages et sans thermomètre. Résultat : on votera à l’aveugle, mais en toute sécurité juridique.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com