
À El Jadida, la Faculté des Lettres ressemble moins à un temple du savoir qu’à un manuel vivant de dérives administratives.
El Jadida – Al Ousboue
Le droit de grève y est sanctionné par le retrait de missions aux enseignants et le recours à des intérimaires parachutés pour inscrire les étudiants ; la loi sur la protection des données est piétinée en confiant des tâches sensibles à des salariés de sous-traitance ; la vie privée des employés est bafouée par un secrétaire général qui reconnaît enregistrer leurs conversations téléphoniques ; et la gouvernance vire à la gestion clanique, où loyautés et liens familiaux dictent les promotions, tandis que primes et notations annuelles servent d’armes de représailles. Résultat : un climat de méfiance généralisée, une administration transformée en caserne, et un doyen accusé d’avoir instauré un régime personnalisé et arbitraire, où l’université se vit moins comme un lieu de savoir que comme un terrain d’expérimentation autoritaire.
Bref, à El Jadida, les étudiants attendent des cours, mais ce sont les employés qui révisent le Code pénal. La Faculté des Lettres ? Plutôt une Faculté des Lois non écrites… mais bien appliquées.



