POLITIQUE & CUISINAGES

Élections 2026 | Moralisation en vitrine, magouilles en rayon

Le ministère va-t-il lire ou enterrer ?

À l’approche des législatives 2026, les partis politiques marocains se sont mis à rédiger des mémorandums comme des élèves appliqués en fin de trimestre. Objectif : moraliser la vie politique, combattre la corruption électorale, et — soyons fous — faire voter les Marocains sans avoir à vendre ni à acheter (…). Reste à savoir si le ministère de l’Intérieur lit les copies… ou les recycle.

Al Ousboue – Khalid EL Ghazi

C’est la rentrée politique, et comme chaque année, les partis marocains ressortent leurs plus belles plumes pour rédiger des mémorandums au ministère de l’Intérieur. Une tradition bien rodée : on propose, on suggère, on exige… et on espère que quelqu’un, quelque part, aura le courage de lire jusqu’au bout.

Au menu cette fois : réforme du système électoral, lutte contre la corruption, découpage électoral selon le recensement, quotas pour les femmes, les jeunes, les compétences, les Marocains du monde, et peut-être même les électeurs qui savent lire les programmes. Bref, une avalanche de bonnes intentions, façon buffet à volonté… sans garantie de digestion.

Le point commun de tous ces textes ? L’obsession électorale, ce fléau qui revient comme l’éclipse (…) où les partis son annonce veulent des mécanismes de contrôle, des sanctions,  et des exclusions ; On parle même d’écarter les candidats « soupçonnés » de malversations. Autant dire que certains bulletins risquent de se retrouver orphelins.

Le ministère, lui, reçoit les mémorandums comme on reçoit des cartes postales : avec politesse, sans engagement. Il promet une vision globale, sept axes prioritaires, et une concertation à venir. Traduction : on va en discuter, mais pas trop vite, et surtout pas trop fort.

Le politologue Ismaïl Hammoudi, qui n’a pas perdu son sens de la lucidité, rappelle que la vraie réforme ne se joue pas dans les textes, mais dans la volonté politique. Il appelle à un double engagement : celui du ministère, pour garantir la neutralité, et celui des partis, pour éviter de présenter des candidats qui ont plus de casiers que de diplômes.

Et pendant que les formations politiques rivalisent de créativité — pacte d’honneur, vote à distance, numérisation, listes féminines, circonscriptions nationales, seuils électoraux, et même retour au scrutin uninominal — les citoyens, eux, regardent le spectacle avec une moue sceptique. Car entre les promesses de moralisation et les pratiques bien enracinées, il y a souvent un gouffre… électoral.

En somme, la réforme électorale au Maroc, c’est un peu comme le Wi-Fi dans les cafés publics : tout le monde en parle, tout le monde le veut, mais personne ne sait vraiment comment ça marche. Et à force de vouloir moraliser la vie politique sans moraliser les pratiques, on risque de finir avec des élections propres… mais sans électeurs.

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