
Quand la mémoire politique devient un terrain glissant, certains préfèrent y glisser avec panache. Mohamed Hafid ressort les archives et accuse Benkirane de falsification, manipulation et réécriture à géométrie variable. Résultat : une querelle de vieux dossiers qui sent la naphtaline… et l’ambition recyclée.
RABAT – Al Ousboue
Il y a des affaires qu’on croyait enterrées, et puis un jour, elles ressortent comme une vieille cravate en pleine campagne électorale. Celle du siège parlementaire de 1998 refait surface, portée cette fois par Mohamed Hafid, cadre de la gauche démocratique, qui accuse Abdelilah Benkirane de tripatouillage mémoriel et de storytelling électoral.
Selon Hafid, Benkirane aurait pris goût à raconter l’histoire de ce siège qu’il aurait refusé — un acte de bravoure démocratique, selon lui — sauf que les détails changent à chaque intervention. Un coup c’est élargi, un coup c’est tronqué, un coup c’est transmis par Sassi, sauf que Sassi n’était pas là. Bref, une version évolutive, comme un logiciel en bêta permanente.
Hafid, visiblement lassé de jouer les correcteurs historiques, exige des sources. « Qu’il dise qui lui a rapporté cela », tonne-t-il, comme s’il lançait un appel à témoins dans une affaire de cambriolage politique. Il rappelle qu’il a déjà répondu à Benkirane il y a douze ans, dans des interviews, des livres, et probablement même sur des serviettes en papier (…). Mais visiblement, l’ancien chef du gouvernement a la mémoire sélective… et le micro tenace.
Au-delà du siège, c’est le fauteuil de la crédibilité qui vacille. Hafid dresse un portrait peu flatteur de Benkirane : narcissique, électro-sensible, et victime professionnelle. « Il revendique toutes les vertus, joue la victime et se contredit sans cesse », écrit-il.
Une description qui ferait passer les débats parlementaires pour des séances de psychanalyse collective, mais enfin, si la classe politique continue à se chamailler sur des sièges d’époque, qui saisira l’occasion des sièges vides des prochaines urnes (…) ?



