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Élections | Benkirane préfère marquer Akhannouch que tacler Lekjaa

Benkirane veut-il déjà jouer avec Lekjaa dans la même équipe ?

Il fut un temps où Abdelilah Benkirane avait une cible bien identifiée : le PAM. Une cible commode, régulièrement arrosée de critiques, de piques et de sorties musclées. Mais depuis que Fouzi Lekjaa s’est mis à superviser les réunions régionales du parti, étrange phénomène : le secrétaire général du PJD semble avoir découvert les vertus de la retenue.

RABAT – Al Ousboue

Le missile anti-PAM aurait-il soudainement perdu sa charge explosive ? À en croire les dernières sorties de Benkirane, oui. Le patron islamiste préfère désormais viser Aziz Akhannouch et son RNI, laissant Lekjaa tranquillement circuler hors de la zone de tirs.

Un changement de tactique qui n’a évidemment rien à voir avec le football. Enfin, officiellement.. Car entre le PJD et Fouzi Lekjaa, le climat serait plutôt bon enfant. Pas de déclaration assassine, pas de passes d’armes spectaculaires, pas même le traditionnel petit accrochage verbal qui fait le bonheur des chroniqueurs politiques. Bref, une entente suffisamment cordiale pour que Benkirane évite désormais de transformer « Moul l’ballon » en adversaire électoral.

Le contraste avec les années précédentes est pour le moins amusant. Le PAM fut longtemps l’une des cibles favorites du discours benkiranoïde. Ses dirigeants en prenaient pour leur grade, parfois avec une générosité qui aurait fait rougir un meeting électoral..

Mais depuis l’arrivée de Lekjaa, le ballon politique a changé de trajectoire, Benkirane semble avoir compris une règle élémentaire du football comme de la politique : inutile de multiplier les cartons rouges quand on ne connaît pas encore la composition de l’équipe qui gouvernera demain.. Alors Akhannouch prend les coups. Le RNI encaisse. Et Lekjaa, lui, reste soigneusement hors du champ de bataille.

Il faut dire que le chef du PJD n’est peut-être pas homme à se fabriquer des ennemis supplémentaires juste pour le plaisir. Après tout, une victoire électorale hypothétique pourrait obliger à discuter avec des gens que l’on aura copieusement insultés la veille. Autant conserver quelques portes ouvertes et, surtout, quelques poignées de main intactes. La prudence de Benkirane pourrait donc avoir une explication très simple : pourquoi fermer aujourd’hui la porte à celui qui pourrait, demain, devenir un interlocuteur utile ?

Ainsi, Benkirane semble avoir rangé son vieux manuel anti-PAM au placard. Et si les attaques contre Akhannouch continuent de pleuvoir, Lekjaa bénéficie, lui, d’une étonnante météo politique : ciel dégagé, aucune alerte, pas même un petit tacle.

Reste à savoir si cette accalmie annonce simplement une nouvelle stratégie électorale… ou les prémices d’une future équipe. Car en politique comme au football, certains joueurs ont beau porter des maillots différents : lorsqu’arrive le moment de composer l’équipe, on découvre parfois que les passes comptent davantage que les anciennes rivalités. Et Benkirane, visiblement, préfère désormais garder Lekjaa dans son onze… plutôt que dans son viseur.

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