
Rangez vos salades d’avocats bio et vos sourires d’influenceurs, le Maroc vit une transition nutritionnelle d’une efficacité redoutable. Selon les joyeux comptables du Global Burden of Disease, la malbouffe locale réussit l’exploit d’envoyer 30 795 citoyens ad patres chaque année. Un score qui mériterait presque une médaille ministérielle, si la pudeur ne l’interdisait.
Rabat – Al Ousboue
C’est le grand miracle du « double fardeau », ce concept chic qui permet de cumuler les tares des pays riches et celles des pays pauvres sans faire de jaloux :
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D’un côté, le trop-plein : 24 % des adultes affichent une obésité galopante, nourrie au soda et aux huiles de friture industrielles. Le diabète, lui, se porte comme un charme.
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De l’autre, le trop-peu : 15,1 % des enfants accusent un retard de croissance, tandis que près de 30 % des femmes en âge de procréer manquent cruellement de fer.
L’art du grand écart, en somme.
La taxe qui fond au soleil
Le coupable de ce désastre ? L’odieux abandon du traditionnel régime méditerranéen, jugé sans doute trop ringard avec ses légumes et son huile d’olive, au profit de produits ultra-transformés, aussi riches en additifs qu’en profits pour l’agro-industrie.
Face à ce péril économique… pardon, sanitaire, nos gouvernants ont sorti l’arme absolue : la fiscalité ! On a donc augmenté la Taxe Intérieure de Consommation (TIC) sur le sucre. Une mesure choc qui fait trembler les multinationales du soda au moins autant qu’un moustique agace un éléphant. Résultat : la courbe des décès continue de grimper, mais au moins, les caisses de l’État digèrent très bien la recette.



