
C’est une tactique de combat révolutionnaire que vient de peaufiner la Fédération royale marocaine de kick-boxing et de muay-thaï : l’esquive intégrale. Pourquoi risquer un œil au beurre noir sur le ring quand on peut se faire hacher menu par sa propre bureaucratie ?
Rabat – Al Ousboue
C’est une tactique de combat révolutionnaire que vient de peaufiner la Fédération royale marocaine de kick-boxing et de muay-thaï : l’esquive intégrale. Pourquoi risquer un œil au beurre noir sur le ring quand on peut se faire hacher menu par sa propre bureaucratie ?
Depuis le début de l’année 2026, nos athlètes excellent dans une discipline inédite : l’art de rester à la maison. Dernier exploit en date ? Le Championnat d’Afrique au Cameroun. Un tournoi où le Maroc, jadis habitué à collectionner les breloques et à truster les podiums, a brillé par une absence absolument historique. Zéro combattant en short, mais un sacré camouflet pour le prestige national.
Il faut dire que la stratégie des dirigeants fédéraux est un modèle de communication moderne : le grand silence radio. Pendant que les boxeurs et les entraîneurs rongent leur frein (et leurs gants) en se demandant pourquoi ils sont privés de visa ou de billets d’avion, la fédération de tutelle pratique le noble art du mutisme. Aucune explication, aucune excuse, mais une certitude : l’image du Maroc comme place forte mondiale de la discipline est en train de tâter le tapis.
Sur le ring, les Marocains savaient encaisser. Désormais, c’est le sport national qui encaisse les coups bas d’une gestion administrative visiblement restée dans les cordes. À ce rythme-là, la prochaine médaille d’or sera décernée au président de la fédération. Catégorie : lourdeur administrative.



