POLITIQUE & CUISINAGES

Elections 2026 | Les anciens ministres ressortent du placard

Un ancien ministre peut-il vraiment survivre sans siège, sans micro et sans voiture officielle ?

Les élections approchent, et avec elles revient ce grand ballet national où les anciens ministres, même ceux dont le bilan tient davantage du pneu crevé que du moteur de réforme, redécouvrent soudain les vertus du suffrage universel. Après avoir brillamment échoué aux commandes, certains envisagent donc de se présenter aux prochaines législatives. Non par goût du sacrifice, bien sûr, mais par sens aigu du service public : le leur.

Rabat – Al Ousboue

Il faut dire qu’un siège au Parlement, dans ces temps difficiles, peut toujours servir. On y trouve un fauteuil, une immunité symbolique, une tribune, quelques micros complaisants et, avec un peu de chance, un petit chemin de traverse vers un futur gouvernement. Car dans la grande comédie politique, même lorsqu’on a déjà porté l’écharpe ministérielle, on peut encore souffrir d’un terrible manque : celui d’un poste.

À l’approche du scrutin, plusieurs de ces ex-locataires des ministères auraient déjà commencé à frapper aux portes des chefs de partis. L’opération est délicate : il s’agit d’obtenir une investiture avant que les listes ne soient définitivement arrêtées. En clair, trouver une bonne circonscription, de préférence tranquille, pas trop encombrée de concurrents, et suffisamment éloignée des grandes villes où les vrais barons locaux se disputent le terrain à coups de réseaux, d’argent et de promesses aussi recyclables qu’un discours de campagne.

Les provinces et petites villes deviennent alors de charmants refuges démocratiques. On y atterrit non pas parce qu’on y a toujours porté les habitants dans son cœur, mais parce que la compétition y paraît plus digeste. Le parachutage, cette vieille spécialité politique, reprend donc du service : on descend du ciel ministériel, on serre quelques mains, on évoque le développement local, puis on espère que l’électeur aura la mémoire courte et la patience longue.

Ces anciens ministres, passés par le gouvernement actuel ou par les précédents, tentent ainsi de revenir dans le jeu. Le Parlement ferait office de salle d’attente climatisée : on y patiente, on s’y montre, on y soigne son retour médiatique, en espérant que le prochain remaniement ou la prochaine coalition rouvre les portes dorées de l’exécutif.

Bref, les mêmes visages reviennent, avec les mêmes ambitions, mais emballés dans un papier neuf : celui du mandat populaire. Et comme dit la sagesse politique non officielle : même couronné, on reste dans le besoin. Surtout quand le besoin porte un titre, une voiture de fonction et une caméra à proximité.

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