
Panique chez les avocats, service minimum chez les banquiers ! La nouvelle loi sur la profession d’avocat vient de jeter un pavé dans la mare, ou plutôt un œil indiscret dans les comptes de dépôts de nos chers maîtres du barreau. Désormais, la Cour des comptes s’invitera dans les livres de comptes des robes noires sous le noble prétexte de « sécuriser les transactions ». Une transparence si soudaine qu’elle donne des vertiges à la profession.
Rabat – Al Ousboue
Mais que les avocats se rassurent, ils ont un privilège unique : celui d’être les seuls à passer sous la toise ! Pendant qu’on épluche leurs reçus, un silence pesant règne sur les comptes des banques, des assurances, des notaires, ou encore des agences de voyages. Ces modestes officines, qui ne brassent évidemment que d’insignifiantes masses d’argent privé, ont été pieusement épargnées par le zèle des contrôleurs.
Une « asymétrie réglementaire » qui frise le génie : pourquoi surveiller tout le monde quand on peut s’acharner sur une seule corporation ? À croire que, pour le législateur, l’argent a moins d’odeur quand il dort dans un coffre de banque que lorsqu’il transite par le cabinet d’un avocat. Les plaideurs apprécieront ce traitement de faveur.



