
Dans le Nord, certains élus semblent avoir trouvé une manière bien commode de préparer leur avenir politique: quitter la mairie pour se consacrer aux législatives, tout en laissant le fauteuil communal à un proche ou à un membre de la famille.
Tétouan – Zouheir El Bohati
Le procédé porte un nom administratif assez élégant: «réaménagement des postes de responsabilité». Autrement dit, on quitte la présidence, mais pas vraiment le pouvoir. Dans plusieurs collectivités du littoral de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, où se concentrent projets immobiliers et autorisations diverses, la redistribution des rôles s’effectuerait ainsi au sein de réseaux politiques et familiaux.
Plus savoureux encore: le «gouvernement de l’ombre». L’élu ne préside plus officiellement, mais reste présent dans les coulisses. Le nouveau titulaire détient le fauteuil et la signature, l’ancien conserve, lui, son influence. Une sorte de télétravail du pouvoir communal.
Le mandat électif, pourtant, repose sur une idée assez simple: celui qui reçoit les voix des citoyens est censé défendre les intérêts de la collectivité. Mais lorsque l’élu abandonne son poste pour préparer une nouvelle candidature, le mandat semble soudain devenir une étape dans une carrière personnelle.
Bien sûr, tout changement doit respecter les procédures légales. Et c’est là que le tour de passe-passe devient particulièrement élégant: lorsque la procédure est respectée, le passage du fauteuil à un proche peut prendre les allures d’une simple formalité administrative.
La question demeure: simple réorganisation ou nouvelle redistribution des rapports de force? Dans le Nord, la frontière paraît parfois bien mince. On démissionne, on transmet, on candidate… et le fauteuil, lui, reste dans la famille.



