SPORT EN SUEUR

Wydad | Aït Menna annonce son départ

Faut-il un GPS pour retrouver la méthode de gestion au Wydad ?

Ça y est, on y est. Le grand paquebot rouge de Casablanca, celui qu’on nous vendait comme la fierté du football national, prend l’eau de toutes parts, et l’équipage semble surtout occupé à se chamailler sur le pont pendant que la coque se disloque. Que voilà une fin de saison qui restera dans les annales du grand n’importe quoi.

Rabat – Al Ousboue

Car il ne suffisait plus au Wydad de perdre des matchs, activité qu’il pratique désormais avec une régularité de métronome, onze défaites au compteur, un chiffre presque respectable dans sa constance. Non, il fallait en plus transformer le club en cour de récréation où l’on distribue les cartons rouges à ses propres joueurs, façon « tu ne joueras pas ce soir, mon petit, la direction ne t’aime plus ». Une pédagogie du management sportif digne des meilleures écoles de la brutalité feutrée.

Pendant ce temps, dans les vestiaires, l’ambiance est chaleureuse comme un frigo débranché : des joueurs qui réclament leurs salaires avec la patience d’un client à la Poste, et une hiérarchie qui semble avoir troqué les fiches de paie contre des bonnes intentions. Rien de tel pour souder un groupe que de le laisser mariner dans l’incertitude financière, c’est même devenu une méthode de management à part entière, on pourrait presque déposer le brevet.

Et comme un désastre sans mise en scène manque toujours un peu de panache, le club a eu la bonne idée d’offrir un joli numéro de dispute sur le banc de touche, en direct, devant tout le monde, entre l’entraîneur Mohamed Benchrifa et le dirigeant Marbouh, lors d’une défaite contre la Difaâ El Jadida, histoire de rajouter une couche de grotesque à la déroute. On croyait avoir touché le fond, mais non : il y avait encore de la place pour le comique de répétition, façon sketch qui ne fait plus rire personne sauf ceux qui l’ont écrit.

Cerise sur ce gâteau avarié : le président Hicham Aït Menna, sentant peut-être le vent tourner ou plus simplement l’odeur du naufrage, annonce qu’il compte se retirer en fin de saison. Un geste qu’on pourrait presque qualifier de courageux si l’on ignorait qu’à peu près la moitié de l’effectif a, elle aussi, discrètement préparé ses valises. Quand le capitaine et les matelots songent tous à sauter du bateau en même temps, on peut légitimement se demander qui va encore tenir la barre, et surtout si quelqu’un tient réellement à la tenir.

Il paraîtrait qu’une « intervention sage et urgente » soit désormais nécessaire pour sauver ce qu’il reste du navire. Sage et urgente : deux qualificatifs qu’on n’a plus vu flotter dans les couloirs du club depuis, semble-t-il, un bon bout de temps.

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