
Il paraît qu’un siège de parti politique doit vivre les soirs d’élection. Chez le RNI, il a surtout donné l’impression de vouloir mourir en silence.
Rabat – Al Ousboue
Nuit du scrutin. Au siège du Rassemblement national des indépendants, à Rabat, pas de grande messe électorale, pas de militants en transe, pas de dirigeants courant d’une caméra à l’autre. Les journalistes, eux, étaient bien là. Beaucoup même. À croire qu’ils étaient venus couvrir une victoire qui avait oublié de se présenter. Puis le silence.
Pendant la campagne, pourtant, le RNI avait retrouvé tous ses réflexes: tournées, meetings, poignées de mains, affiches, discours et promesses. Une grande machine électorale, soigneusement huilée.
Vers la fin de la soirée, les premiers résultats commencent à dessiner un autre paysage. Le PAM arrive en tête. Le RNI termine deuxième avec 66 sièges, derrière les 97 du PAM. Le PJD, lui, fait un retour spectaculaire avec 54 sièges.
Il faut dire que la politique possède une règle simple: quand les chiffres vous aiment, vous aimez les journalistes. Quand les chiffres vous boudent, vous redécouvrez votre amour du huis clos.
Plutôt une veillée funèbre pour une certaine idée de la victoire annoncée. Et dans cette veillée, les pleureuses étaient nombreuses : les journalistes, les communicants, les militants absents, les cadres silencieux…
Le mort, lui, n’était peut-être qu’une souris. Mais quelle souris. Elle a réussi à faire fuir tout un éléphant médiatique.



