
Au Maroc, les ministres n’ont visiblement pas envie de quitter la politique. Après les législatives du 23 septembre, 14 membres du gouvernement sortant ont décroché un siège à la Chambre des représentants.
Rabat – Al Ousboue
Une reconversion? Pas vraiment. Plutôt un changement de pièce dans le même appartement.
Fatima Ezzahra El Mansouri à Marrakech-Médina-Sidi Youssef Ben Ali, Mehdi Bensaid à Rabat-Océan, Abdellatif Ouahbi à Taroudant-Nord, Nizar Baraka à Larache, Ahmed El Bouari à Ouezzane, Mustapha Baitas à Sidi Ifni… La liste est longue. Le gouvernement avait donc préparé plusieurs bulletins avant même de préparer ses cartons.
Le ministre est membre de l’exécutif ; le député est censé exercer le contrôle parlementaire sur l’action du gouvernement. Les deux fonctions peuvent pourtant se retrouver réunies chez les mêmes personnes. Le costume change, pas nécessairement le titulaire.
Le Parlement renouvelle donc ses élus, mais une partie du personnel politique, elle, recycle ses fonctions. Ministre hier, député aujourd’hui: la politique marocaine vient peut-être d’inventer le CDD à deux casquettes.
Reste une question, beaucoup moins administrative: lorsqu’un député doit contrôler l’action d’un gouvernement dont il faisait lui-même partie quelques jours auparavant, qui contrôle qui?



