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Fin de garde à vue pour la Gen Z, quel bilan ?

Fin de garde à vue pour la Gen Z, quel bilan ?

C’est un grand ouf de soulagement qui a fait trembler les murs de la prison d’Oukacha dans la nuit de jeudi à vendredi. La chambre criminelle de la Cour d’appel de Casablanca a enfin rendu son verdict dans l’affaire des terribles rebelles du mouvement « GenZ 212 ». Leur crime ? Avoir bloqué l’autoroute urbaine en septembre 2025 pour exprimer leur mauvaise humeur. Un drame national, assurément.

Rabat – Al Ousboue

Mais rassurez-vous, nos magistrats ont le sens de la mesure et de l’horlogerie de précision.

Une condamnation « sur mesure »

Pour clore ce dossier hautement stratégique, la justice a sorti sa plus belle calculette :

  • Treize prévenus ont écopé d’une peine dite « couvercle ». En termes claires : vous avez déjà passé neuf mois au gnouf en détention provisoire ? Félicitations, vous êtes condamnés à… neuf mois ! Libérables immédiatement. C’est ce qu’on appelle optimiser les stocks de cellules.

  • Trois chanceux qui comparaissaient libres repartent avec un an de sursis. Une épée de Damoclès pour leur apprendre à marcher sur les trottoirs.

  • Deux abonnés au rabiot, soupçonnés d’avoir fumé de drôles d’herbes en plus d’entraver le trafic, ont pris un an de sursis dont huit mois ferme. Comme ils ont déjà fait le plus gros, il leur reste deux petits mois à purger. La formule Grand Tourisme, en somme.

Le concept de la « sanction intelligente »

Interrogé par nos confrères de TelQuel, l’avocat de la défense, Me Lahcen Dadsi, ne cachait pas son enthousiasme devant tant de finesse juridique. Pour lui, le verdict est « positif » et s’inscrit dans une volonté de clore le dossier de manière « intelligente ». Comprendre : l’État a fait sa démonstration de force, les gamins ont eu peur, le dossier a « épuisé ses objectifs ». Circulez, il n’y a plus rien à voir.

L’avocat, visiblement d’un optimisme à toute épreuve, espère même que cette « sanction intelligente » fera jurisprudence pour tous les autres dossiers un peu trop poétiques : contestations sociales, politiques, syndicales ou droits de l’homme. On a hâte de voir les flics distribuer des bons points plutôt que des procès-verbaux.

« Il faut appliquer la loi normalement », a rappelé l’avocat en brandissant l’article 110 de la Constitution. Une audace folle par les temps qui courent.

Youyous et calculs mentaux

À la sortie de la prison, c’était le grand festival : larmes de joie, embrassades et youyous de rigueur pour célébrer cette immense victoire du droit… ou du compromis à la marocaine.

Reste tout de même un léger détail : Les magistrats ont sagement mis de côté le sort des manifestants mineurs, dont le procès est toujours en cours. Il faut bien garder un peu de suspense pour la rentrée.

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