
Ce lundi matin, à l’heure où le soleil pique encore les yeux, les grilles des lycées marocains avaient des airs de check-point de haute sécurité. Fouilles au corps, palpations de poches, inspection des sacs… Ne manquait plus que le chien renifleur d’antisèches.
Rabat– Al Ousboue
La grande attraction de ce millésime 2026 ? Le grand début sur scène de fiers petits appareils électroniques : les détecteurs de smartphones. Le ministère de l’Éducation nationale, las de voir ses sujets d’examen fuiter sur WhatsApp et Telegram plus vite qu’un secret de polichinelle, a sorti l’artillerie lourde. La « tolérance zéro », concept jusqu’ici purement littéraire, s’est enfin matérialisée sous forme de circuits imprimés. Pour sauver la « valeur du diplôme », ce précieux sésame qui permet ensuite de s’inscrire sereinement au chômage ou de faire la fierté des parents, l’école a donc choisi la méthode forte : transformer les surveillants en douaniers.
Mais le génie bureaucratique ne s’arrête pas en si bon chemin. Pour traquer le tricheur jusque dans ses derniers retranchements, chaque candidat s’est vu attribuer un code QR et un identifiant unique. Un traçage numérique digne d’un colis Amazon, du début à la fin de la correction. Si avec ça, une note de maths arrive à s’égarer, c’est que le hacker était vraiment doué.
Au milieu de ce déploiement digne de la tech californienne, une image presque poétique : l’examen s’est aussi invité dans les prisons du Royaume. Des détenus ont planché sur les épreuves régionales dans des salles spécialement aménagées. Au moins, pour eux, pas besoin de chercher les détecteurs de métaux : ils étaient déjà sur place.
Reste à savoir si cette joyeuse forteresse numérique saura résister à l’ingéniosité légendaire des candidats. Les résultats de ce mois de juin seront scrutés de près. On saura enfin si le ministère a réussi son pari : faire du baccalauréat un examen inviolable, ou s’il a juste offert une belle occasion aux bacheliers de tester de nouvelles technologies de contournement.



