
Au PJD, il suffit parfois d’une phrase pour rappeler une règle qui dépasse largement les frontières d’un parti : chacun peut avoir une opinion, à condition de ne pas déranger celui qui dirige. Abdelilah Benkirane a publiquement invité Saad-Eddine El Othmani à rester chez lui, à reprendre son stylo et à se consacrer aux questions scientifiques.
Aicha Benallal – Al Ousboue
Derrière cette scène, il y a la signature de l’accord de normalisation avec Israël, un dossier qui continue de diviser les rangs du parti. Benkirane affirme que la direction du PJD n’était pas informée. Mohamed Yatim rappelle, de son côté, le cadre constitutionnel de la politique étrangère et les positions antérieures du parti contre la normalisation.
Le problème dépasse le PJD. Dans les partis, les entreprises, les administrations ou même les associations, la contradiction est souvent célébrée dans les discours, mais moins bien accueillie lorsqu’elle remet en cause l’autorité. On réclame des idées, puis on sanctionne ceux qui les expriment librement.
Une société ne manque pas forcément de voix. Elle manque parfois d’espaces où l’on peut parler sans risquer d’être mis à l’écart.



