
Au Maroc, la politique vient d’inventer une nouvelle discipline : le retour politique après sortie de route. Dix-huit parlementaires, précédemment écartés du Parlement pour des affaires judiciaires ou à la suite de décisions de la Cour constitutionnelle, font leur retour sur les bancs de l’Assemblée. Comme quoi, en politique, certaines portes ne se ferment jamais vraiment : elles tournent.
Rabat – Al Ousboue
Le mode d’emploi est d’une simplicité remarquable : changer de couleur politique. Cinq sous l’étiquette du PAM, trois du Mouvement populaire, deux de l’Istiqlal, deux de l’Union constitutionnelle et deux du RNI.
Certains dossiers judiciaires sont toujours en cours, nous dit-on. Rien d’illégal, évidemment : une personne poursuivie n’est pas une personne condamnée. Mais une question demeure : comment restaurer la confiance dans une institution lorsque certains de ses membres ont déjà été écartés de cette même institution ?
Pendant ce temps, les partis négocient présidences, postes et portefeuilles avec le sérieux d’un marché aux puces institutionnel. Dix-huit retours au Parlement après des sorties parfois retentissantes. La politique du «revenez demain, c’est encore ouvert». La démocratie continue. Les portes aussi.



