
Au Parlement, certains ministres ont manifestement découvert une méthode révolutionnaire de gestion des questions écrites : ne pas trop y répondre.
RABAT – Al Ousboue
Une étude révèle en effet un écart de 26 à 32 points entre ministres technocrates et ministres issus des partis politiques dans le traitement des questions des députés. Autrement dit, quand le Parlement appelle, les technocrates semblent parfois considérer que la sonnerie ne les concerne pas vraiment.
Il faut dire que le ministre partisan a quelques mauvaises habitudes : un parti derrière lui, un programme à défendre, des députés de son groupe à satisfaire et, accessoirement, des électeurs auxquels il faudra rendre des comptes.
Le technocrate, lui, bénéficie d’une situation nettement plus confortable. Pas de parti à ménager, pas de base électorale à convaincre : la technique suffit… jusqu’au moment où quelqu’un demande des comptes.
Or, compétence technique et responsabilité politique ne sont pas exactement la même chose. On peut parfaitement connaître ses dossiers et rester particulièrement discret lorsqu’il s’agit de répondre au Parlement.
L’étude propose donc de rattacher clairement chaque ministre technocrate à des objectifs gouvernementaux précis et à une véritable obligation de reddition des comptes.
Une idée révolutionnaire, finalement : un ministre, même technocrate, devrait répondre lorsqu’on lui pose une question. Et si la réponse tarde encore, il restera toujours la formule populaire :
« Allah irhham mn zar w khffef ». Surtout lorsqu’il s’agit de visiter le Parlement… et d’alléger les questions des députés.



