ECONOMIE & MONOPOLY

Economie | Crise mondiale en vue et risques en péril

Et si la Bourse avait simplement arrêté de suivre l'actualité ?

La Bourse vit actuellement sa meilleure vie… dans un monde parallèle. Rien que ça. Pendant que les missiles pleuvaient sur l’Iran, le CAC 40 a dû confondre « guerre » avec « solde de printemps » : réaction nulle, ou presque. On appelle ça la « résilience des marchés » chez les traders ; chez les gens normaux, on appelle ça un déni collectif grand format.

Rabat – Al Ousboue

Le grand n’importe quoi sous-marin

Les câbles sous-marins, ces spaghettis géants qui font tourner Internet et, accessoirement, la finance mondiale. Sectionnez-en un et c’est la panique ; la Chine regarde ça avec l’air de dire « tiens, intéressant », ce qui, en géopolitique, est à peu près l’équivalent d’un sourire de crocodile. Et pourtant personne ne semble se rendre compte de l’importance primordiale de ces câbles. En cas de conflit, coupez-en un et c’est le chaos total.

Bombes à retardement, formule au pluriel

Le menu continue avec ce qu’il appelle pudiquement des « bombes à retardement », comprendre : plusieurs, empilées, amorcées, et personne ne trouve le bouton pause. Inflation, taux d’intérêt, « perte de contrôle » : le triptyque préféré des banquiers centraux qui pilotent désormais à vue, un peu comme un chauffeur de bus qui aurait perdu ses lunettes mais refuserait de le dire aux passagers. Et la dette publique là-dedans ? Un détail, paraît-il, tant qu’on continue de faire semblant de la rembourser un jour, vers 2150, avec les intérêts composés d’un optimisme qui frise l’art contemporain.

L’or, l’euro et le Bitcoin : trio de losers consolants

Pour se rassurer, on cause or et devises, valeur refuge, l’éternelle doudou des angoissés patentés. L’euro, lui, a droit à un « un avenir ? » avec point d’interrogation qui sonne plutôt comme une oraison funèbre polie. Quant au Bitcoin, sa fameuse « chute » est traitée avec la tendresse qu’on réserve d’habitude à l’ado qui promettait de « révolutionner le système » et qui, depuis, révolutionne surtout son propre compte en banque. On termine sur l’immobilier, secteur où le mot « évolution » masque à peine un doux glissement vers le bas, mais rassurez-vous, votre agent immobilier, lui, reste résolument optimiste, contre vents, marées et taux d’emprunt à deux chiffres.

Le mot de la fin (qui n’en est pas un)

Au bout du compte, le message tient en une phrase qu’on ne prononce jamais tout à fait ainsi mais qu’on résume volontiers : les marchés racontent une histoire qui n’a plus grand-chose à voir avec l’économie réelle, et le jour où le rideau tombera, ce ne sera pas un fondu enchaîné mais un plein cadre sur le mur. En attendant, tout le monde continue de danser sur le Titanic en discutant du prix du champagne, pardon, du cours de l’or, pendant que l’orchestre, lui, a déjà planqué ses instruments dans un canot de sauvetage libellé en dollars.

Bref : tout va très bien, madame la marquise. Sauf le château qui brûle, le cheval qui est mort, et le majordome qui, apparemment, tradait des CDS en douce.

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