
Secousses de forte intensité dans le ciel social de nos aéroports, où l’ambiance est désormais plus proche du crash thermique que du calme olympien d’un lounge VIP. Les techniciens et les pompiers des pistes, visiblement lassés de jouer les utilités au sol pendant que d’autres s’envolent vers des cieux financiers plus cléments, manifestent une colère noire. En cause ? Des conditions de travail en pleine chute libre, des salaires d’une implacable horizontalité, et des indemnités congelées depuis trop longtemps.
Rabat– Al Ousboue
Devant ce blocage des pistes, le Syndicat national des techniciens, employés et pompiers des aéroports (affilié à la CDT) a fini par lancer un SOS. Le destinataire ? Le ministre de l’Emploi en personne, Younes Sekkouri, invité de toute urgence à enfiler le costume de contrôleur aérien social pour éviter la collision.
Au cœur de la tempête, le grand pilote de l’Office National des Aéroports (ONDA), M. Adil Fakir. Le syndicat reproche à ce brillant manager une fâcheuse tendance à l’inertie, une discipline reine où l’on brille en ne faisant rien. L’accord du 9 janvier dernier, pourtant signé en grande pompe sous l’œil bienveillant du ministère et validé par le conseil d’administration, semble être resté bloqué en zone de douane.
La formule magique de la direction : « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient… et surtout ceux qui attendent leur chèque. »
Mais le clou du spectacle réside dans l’art très personnel de la distribution des bonus pratiqué par la direction. La CDT dénonce avec force une politique dite du « deux poids, deux mesures », un grand classique de la gestion des ressources humaines où l’on pratique une subtile redistribution : des ponts d’or pour une poignée de privilégiés installés en Première classe, et la rigueur budgétaire pour la majorité des salariés relégués en soute.
Face à ce que les représentants du personnel qualifient sans détour de « discrimination institutionnalisée », le syndicat exige l’application immédiate des accords signés. Reste à savoir si Monsieur le Directeur réussira son tour de magie de l’apaisement, ou si les pompiers des aéroports finiront par allumer un incendie social que le ministre de l’Emploi aura bien du mal à éteindre. En attendant, pour les droits des travailleurs, l’embarquement est toujours différé.



